Présidentielle 2026 : le CSLC, l’ARPCE et la CNEI appellent les journalistes et autres internautes à un usage responsable des réseaux sociaux.

Cette invite a été formulée, le lundi 9 mars 2026 à Brazzaville, lors de la session de formation consacrée à l’usage responsable des réseaux sociaux et à la préservation de l’intégrité électorale dans l’espace numérique. Session de formation organisée par le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) en partenariat avec l’Agence de Régulation des Postes et des Communications Electroniques (ARPCE) et la Commission Nationale Electorale Indépendante (CNEI). Cette formation a eu le privilège de placer les représentants des plateformes numériques, Meta et TIKTOK face aux professionnels des médias, responsables de communication des candidats et les représentants des forces politiques. Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été placées sous l’égide de Monsieur Médard Milandou Nsonga, Président du Conseil supérieur de la liberté de communication.

Les travaux de cette session de formation qui se sont déroulés sous la formule hybride, c’est-à-dire tantôt en version présentielle et tantôt en visioconférence ont permis à Thys Kazad, représentant de Meta, société mère de Facebook, Instagram et Whatsapp, et à Yovanka Paquete perdigao, représentante de TikTok, d’édifier les participants sur leurs politiques respectives en matière de protection de l’intégrité électorale, de lutte contre la désinformation, des procédures de signalement  et de suppression des messages et contenus  haineux, de violence, d’harcèlement ou d’appel à la révolte. Aussi, ont-ils évoqué les principes directeurs des règles de sécurité en ligne et les standards communautaires qui permettent de promouvoir l’intégrité des élections.  Le but de Meta et de TikTok étant de faciliter une discussion ouverte, permettre aux citoyens du monde de contester, de débattre sur les sujets qui font l’actualité, d’empêcher l’ingérence dans les élections sur leurs plateformes.  Meta dispose de plus de 40.000 personnes qui travaillent dans le domaine de la sécurité en ligne, ont-ils affirmé.  Les participants ont été également enseignés sur le fact cheking, les techniques de vérification des sources, de sécurité des comptes et d’identification des sources fiables.

Esdras Tsongo, expert en vérification de l’information a quant à lui transmis aux journalistes, responsables de communication des candidats et aux représentants des forces politiques, les techniques pratiques de détection des contenus manipulés, y compris ceux produits par l’intelligence artificielle.

Tout en appelant les professionnels des médias, responsables de communication des candidats et les représentants des forces politiques à un usage responsable des réseaux sociaux, le Président du Conseil a indiqué que l’organisation de cette session de formation s’inscrit dans la droite ligne de la série d’actions que l’institution qu’il dirige ne cesse d’entreprendre en faveur de la sécurité en ligne et de l’usage responsable des plateformes numériques. A travers cette session de formation, Médard Milandou Nsonga s’est engagé à établir une collaboration proactive avec les plateformes numériques, se disant convaincu que l’exercice de la souveraineté numérique passe par le dialogue, la formation et la coopération. 

Monsieur Serge Madzela, directeur de l’économie et des marchés de l’ARPCE représentant son Directeur général a indiqué dans son mot de bienvenu que l’organisation d’une session de formation en cette période électorale, axée sur l’usage responsable des réseaux sociaux et à la préservation de l’intégrité électorale dans l’espace numérique, revêt un enjeu numérique majeur qui se pose à la démocratie congolaise. Car, la désinformation électorale, l’usurpation d’identité de personnalités publiques, la diffusion de contenus synthétiques générés par l’intelligence artificielle, ou encore l’incitation à la révolte appellent de la part des autorités de régulation, une vigilance accrue et un accompagnement à la hauteur des défis actuels.  

En effet, a-t-il souligné, « l’essor du numérique au Congo est particulièrement visible à travers l’explosion du trafic internet. Pour le seul deuxième trimestre de 2025, les abonnés ont consommé plus de 31 milliards de mégaoctets de données, soit une croissance de 44% en un an ». A en croire le directeur de l’économie et des marchés de l’ARPCE, au cours de cette même année, le taux de pénétration de l’internet s’est fixé à 58%. Cette dynamique illustre, a-t-il expliqué, l’importance croissante de l’espace numérique dans la circulation de l’information et dans la formation de l’opinion publique. « Aujourd’hui, plus de 1,5 millions de comptes Facebook et plusieurs centaines de milliers de comptes TikTok sont actifs en République du Congo. Ces plateformes, massivement utilisées par une population dont l’âge médian se situe entre 25 et 34 ans, jouent désormais un rôle déterminant dans la circulation de l’information et dans la formation de l’opinion publique », a révélé serge Madzela. Cette évolution a-t-il soutenu est largement portée par le développement de la téléphonie mobile, avec 5,76 millions de connexions mobiles actives, soit environ 93% de la population.  Ces chiffres illustrent clairement que le mobile constitue aujourd’hui la principale porte d’entrée vers l’internet et les plateformes sociales.  

De son côté, le représentant du Président de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CNEI), Maître Modeste Mbossa qui s’est dit conscient que la désinformation numérique peut porter atteinte grave à la confiance des électeurs dans le processus démocratique. La publication anticipée de faux résultats électoraux, la fabrication de déclarations attribuées à tort à des candidats, la création de comptes usurpant l’identité d’institutions publiques ou de personnalités politiques, la diffusion des contenus audiovisuels altérés par l’intelligence artificielle ne relèvent plus de l’hypothèse, mais constituent plutôt des menaces avérées aux conséquences multiples.  A cet effet, a-t-il dit, pour y remédier, la CNEI engage deux démarches : demander à l’ensemble des partis politiques et candidats enregistrés et engagés dans la compétition électorale de transmettre des adresses URL de leurs comptes officiels sur les plateformes Facebook et TikTok   afin d’identifier les comptes frauduleux usurpant leur identité.

Photo de famille à la fin de la session de formation

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