Le Vice Président du CSLC prononçant le discours d’ouverture de la conférence
Le Conseil supérieur de la liberté de communication(CSLC) a organisé ce mardi 30 juin 2026 à Brazzaville en partenariat avec l’Unesco, une conférence sur le rôle des médias dans l’édification d’un avenir de paix. Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été placées sous l’égide du Vice-président du Conseil supérieur de la liberté de communication, monsieur Jean Obambi.
En ouvrant les travaux de cette conférence, le Vice-Président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Monsieur Jean Obambi a salué le partenariat fructueux qui existe entre l’Unesco et l’Institution qu’il représente. Il a indiqué que « le numérique a transformé radicalement le paysage médiatique mondial. Il a démocratisé l’accès à l’information, donné une voix à des millions de citoyens qui en étaient privés, et permis la diffusion d’informations utiles à une vitesse et une échelle sans précédent. C’est là une révolution positive, que nous devons célébrer et accompagner ». Mais le même instrument a-t-il déploré « peut servir de desseins opposés. La désinformation, les fameuses fake news, les discours de haine amplifiés par les algorithmes des plates-formes numériques constituent aujourd’hui une menace réelle pour la stabilité de nos sociétés ». Pour y remédier estime-t-il, « il revient aux journalistes d’outiller les citoyens de développer leur sens critique, de leur apprendre à distinguer la source fiable de la manipulation.
Dans le même ordre d’idée, prenant la parole à cette occasion la représentante de l’Unesco au Congo, madame Fatimata Barry Marega a rappelé que les guerres prennent naissance dans l’esprit des femmes et des hommes, et que c’est dans l’esprit des femmes et des hommes que doivent être élevés les défenses de la paix. Car a-t-elle indiqué, cette paix se construit par l’éducation, la culture, la science, et aussi par une information libre, crédible, pluraliste et accessible à tous.
En effet, a-t-elle expliqué, « les médias occupent une place stratégique et primordiale dans nos sociétés. Ils ne sont pas seulement des vecteurs d’information, ils sont des acteurs de développement, éclairent les décisions publiques, favorisent la participation citoyenne, renforcent la transparence, donnent une voix aux plus vulnérables et contribuent à bâtir des sociétés plus inclusives, plus résilientes et plus pacifiques ».
Une information au service des populations est une information qui éclaire, qui rassemble, qui responsabilise et qui construit la paix. Or aujourd’hui, a-t-elle fait observer, « nous vivons une transformation profonde de l’espace informationnel avec l’intelligence artificielle, les plates-formes numériques et les réseaux sociaux qui offrent des opportunités extraordinaires pour démocratiser l’accès au savoir, mais ils facilitent également la diffusion des fausses informations, les discours de haine, des contenus manipulés et des hyper trucages, qui fragilisent la confiance dans l’information et les institutions ». C’est pourquoi a-t-elle renchéri, « l’Unesco promeut une intelligence artificielle éthique, une éducation aux médias et à l’information renforcée et un journalisme fondé sur la responsabilité, l’intégrité et la recherche de la vérité. Car aucune technologie ne remplacera jamais le discernement, la rigueur, l’éthique et la responsabilité d’un journaliste professionnel ».
Pour édifier les professionnels des médias et les étudiants du parcours des Sciences et techniques de la communication de l’Université Marien Ngouabi sur le rôle des médias dans l’édification d’un avenir de paix, la conférence s’est articulée autour de trois thématiques, à savoir : Éthique, déontologie et responsabilité sociale, développé par le docteur Godefroy Yombi ; le défi numérique et réseaux sociaux exposé par le docteur Idriss Bossoto ; les nouvelles approches journalistiques pour un journalisme de paix, communication développée par le professeur Ludovic Miyouna.
Dans sa communication, Godefroy Yombi s’est employé à expliquer comment concilier l’obligation d’informer avec le devoir de ne pas attirer les tensions ou la haine; comment éviter les pièges du sensationnel et les discours clivant et comment résister aux pressions politiques qui instrumentalisent l’information au détriment de la cohésion sociale. Face à la montée fulgurante des réseaux sociaux, des plates-formes numériques, de l’intelligence artificielle et à la floraison des canaux de diffusion d’informations qui offrent à la fois des informations vérifiées et non vérifiées, Godefroy Yombi estime que le journaliste a un rôle crucial à jouer dans la construction et le maintien de la paix et d’un avenir de paix. En effet, agissant comme de puissants leviers de paix à travers ses rôles, le journaliste devrait être guidé par le Code d’éthique et de déontologie de son métier, afin a-t-il dit de demeurer professionnel: vérifier rigoureusement toute information avant de publier, ne pas se fier aux rumeurs, exercer son métier en toute indépendance, refuser les pressions politiques, économiques ou sociales. Dans sa mission d’informer, éduquer et distraire a dit le docteur Godefroy Yombi, le journaliste doit travailler et agir en toute responsabilité en évitant les discours de haine. Le journaliste doit privilégier la diversification des sources pour l’équilibre de l’information, afin de ne pas porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale. Le cadre juridique congolais en matière de presse étant libéral, consacrant le pluralisme d’opinion et des médias et la protection des journalistes contre les menaces est un gage de la liberté d’information et de communication, a-t-il conclu.
Le docteur Idriss BOSSOTO qui a développé une communication axée sur le défi numérique et réseaux sociaux s’est appesanti sur les moyens de lutte contre la désinformation et les fake-news; l’impact des algorithmes sur la propagation des discours de haine et les codes de gouvernance de l’intelligence artificielle, et sur comment les journalistes peuvent outiller les citoyens à développer leur sens critique?
Dans un monde hyper connecté et analysant ces différentes préoccupations, Idriss Bossoto pense qu’il faut procéder par la formation à la citoyenneté numérique, par l’éducation aux médias et à l’information dès l’école primaire, le développement de l’esprit critique, c’est à dire apprendre aux citoyens comment vérifier une information et s’informer a des multiples sources avant de publier toute information; distinguer les processus et le contexte d’élaboration de l’information; distinguer les faits des interprétations ou opinions; avoir l’écoute, la curiosité, l’autonomie, se méfier des préjugés et avoir de la lucidité.
Pour mieux réguler, a-t-il enchaîné, le Conseil devrait développer et nouer des partenariats avec les responsables des plates-formes numériques: Méta (WhatsApp, Facebook, instagram, You Tube) et TIK TOK. Car aujourd’hui, a-t-il dit avec l’évolution du métier, le journaliste qui ne se limite plus à produire des nouvelles doit s’atteler à armer et outiller intellectuellement les citoyens à développer l’esprit critique, à ne pas toujours croire et prendre pour argent comptant, tout ce qui est diffuser par les plates-formes numériques et les réseaux sociaux. Les pouvoirs publics devraient aussi s’atteler à l’évolution de la législation en matière de la régulation du numérique.
Pour sa part, le professeur Ludovic Miyouna qui a statué sur les nouvelles approches journalistiques pour un journalisme de paix, a porté son regard sur la définition des concepts de journalisme de paix, de journalisme de guerre et de journalisme de solution. Tout en relevant les différences entre ces trois composantes de journalisme, Ludovic Miyouna pense que dans la pratique, le journaliste comme modérateur dans la société doit s’en tenir au respect de l’éthique et de la déontologie. Car, a-t-il soutenu on a pas besoin d’être un journaliste de paix, de guerre ou de solution pour impulser la paix dans un pays, il faut plutôt tenir compte des règles d’éthiques et de déontologie et à la notion de responsabilité .
Clôturant les travaux de cette conférence, le Vice-Président du Conseil, Monsieur Jean OBAMBI a appelé les professionnels des médias à la responsabilité et au respect des règles d’éthiques et de déontologie dans l’exercice de leur métier, avant de les inviter à mettre en pratique toutes les notions et enseignements reçus.
L’organisation de cette conférence s’inscrivait dans le cadre de la célébration en différée de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, a-t-on appris.
Représentante du bureau de l’UNESCO au Congo madame Fatimata Barry Marega
Photo de famille à la fin de la conférence